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Les années quarante, furent une période marquer par beaucoup d'épidémie de toute sorte...

C'est a cette époque là que mon oncle paternel, enfant, fit handicaper par la poliomyélite. 

Mon oncle ne travaillait pas à cause de son handicap, et habiter la demeure familiale avec sa mère, la maman de mon père. Il était le dernier de ses frères et sœurs.

Enfin bref, son état physique très atteint l’avait isolé socialement et éloigné de la religion. Au fond de lui, il devait probablement beaucoup en vouloir à Dieu pour ce qu'il subissait... C'était un homme très intelligent mais son handicap physique l'avait en grande partie immobilisée et freinée de beaucoup ses ambitions dans la vie. Moi son neveu, même enfant je comprenais sa rage et ses souffrances, nous fume très proche, et cela fut pour moi des années de bonheur ...

Son passetemps favori c'est les jeux de domino, il on était très doué et beaucoup voulaient être ses comparses de jeu. Les parties de dominos étaient très en vogue à cette époque dans les cafés maures de la ville Jijel, au pays des berbères de bâbords.

Pendant mes vacances d’Eté que parfois je l’ai passé chez ma Grand-mère paternelle à Jijel, il m'autoriser de l'accompagner… Dans les cafés maures, assis à côté de lui avec ma bouteille de Gazouz, je le voyais vivre avec beaucoup enthousiasme ses partie de domino, ou pas une seul fois il l’on a perdu une, c’était un véritable champion.

À la fin de la partie, c’était les perdants qui réglait les consommations des joueurs et de leur inviter. Ainsi grâce à mon oncle le « champion » j’en ai dégusté des « Berridou » un sorbet glacé au citron, appelé Alger Créponné…

Un jour, j’ai assisté à une scène assez extraordinaire, qui me vaut aujourd’hui, peut-être, d’être ce que je suis.

Un homme vint à la table où mon oncle et moi entaient attablé et s’installe après autorisation. Courtois, il se mit à parler à mon oncle de choses et d’autres, puis par je ne sais quelle ouverture dans la discussion, l’homme se fond dans un prosélytisme et pour argument la mort et l’Éden.

Bien sûr à cet âge-là, je devais avoir 8 ou 9 ans, je ne crois pas avoir compris grand-chose, mais ma mémoire a retenu un certain nombre de détails qui me semblent édifiant pour comprendre un certain nombre de choses aujourd’hui.

Sur la mort, l’homme avait mis l’accent sur le fait désolant de quitter sans avoir payé le dû à Dieu. Il insistait de quitter notre monde proprement et surtout d’avoir payé son équité à l’égard de Dieu.

-           Et ceux qui auront payé leurs équités sur terre, selon les dogmes et recommandation prophétiques, leurs places au Paradis sont assurées.

Pendant tout ce temps mon oncle a siroté son café dans une attitude qui n’a rien laissé transparaitre.

L’homme confiant devant l’attitude de mon oncle, poursuivit, et là il se lança dans la description de l’Éden.

D’après lui l’Éden est traversé par un ruisseau qui au gré de nos envies son eau peut se transformer en Selecto, comme en Crush et même en Vichy (Mouzaia)…

Les houris (comprenez que les houris sont selon la foi musulmane des vierges dans le paradis, qui seront la récompense des bienheureux.)..... Donc les houris sont au service des fidèles croyants, pour assouvir leurs moindres désirent charnelles, et qu’après chaque acte, elles redeviennent vierges de nouveau pour un éternel recommencement.

Mon oncle resta calme, sont sourciller.

L’homme voyant que l’argument de la luxure n’avait pas eu beaucoup d’effet sur mon oncle, il entama un autre des sept péchés capitaux selon la Bible ; la gourmandise.

Au Paradis, au dire du monsieur, le fidèle pourra assouvir toutes ses envies en nourriture. Selon lui, la profusion de la nourriture est inimaginable ; sans fournir aucun effort elle est disponible et dans une variété extraordinaire que même l’esprit  ne peut imaginer…

-          Les fruits les plus juteux et les plus sucrés sont à portée de main… affirma l’homme.

-          Même les pastèques?), demanda tranquillement mon oncle.

-          Oui, mon frère Salah, même les pastèques ; répliqua l’homme avec enthousiasmes.

Là, mon oncle fait mine de porter un intérêt à ce que l’homme venait d’évoquer.

L’homme, presque au bord des larmes, ses yeux brillaient d’une joie non dissimulée, se sentant probablement vainqueur de cette confrontation, qui avait duré presque toute la matinée, et surtout victorieux d’avoir un nouvel adhérent à leur foi.

Apparemment mon oncle avait la réputation d’être un impie.

L’homme se tût et regarda mon oncle avec amour, prêt à lever ses mains au ciel pour crier du plus profond de ses entrailles « « alléluia » ou « Hallelujah » (de l'Hébreu)… en islam cela doit être « Allahou Akbar »…

Heureux, oui l’homme fou de joie s’exciter sur sa chaise.

Pensant à ce qu'allait dire la communauté à son propos, il est celui qui aura vaincu Salah l’impie, et celui qu’il l’aura ramené vers le droit chemin telle la brebis égarée. Victorieux il se voyait probablement au firmament étoilé des soldatesques de Dieu.

Ses yeux brillés, brillés, brillés de rouge, je pense qu’il devait être au bord d’un AVC.

Mon Tonton, tira une longue bouffée de sa cigarette, regarde l’homme et tout on lui expirant la fume au visage, il lui répondit tranquillement.

-          Si tu fais un tour au paradis, stp, pense à me ramener une pastèque avec toi, par ce celles qu’on trouve cette année sur le marché ne sont pas fabuleuse.

L’homme d’un bond, fit un saut hors de sa chaise. Devant ce qu’il a surement considéré comme un péché mortel, l’homme suffoqué presque, il était au bord de la convulsion. Dans une rage terrible, l’homme pestât sur mon oncle de tous les noms permit et s’en allât dans un fracas terrible.

Tout autour, l’assistante riait, ils connaissaient de quoi était capable mon oncle, Salah l’impie. Il faut dire aussi qu'en ce temps-là, la tolérance est de mise.

Mon oncle se retourna vers moi et me dit :

-           allez vient, on va aller prendre une pastèque au marcher, elle au moins elle va être réelle. Et cette année les pastèques sont exceptionnellement bonnes.

Oui c’était mon oncle, et je l’aimais. Ce jour-là je crois bien que j’ouvris pour la première fois les yeux sur le monde réel.

Après coup, quand je pense à l’homme, a-t-il ou pas, fait son AVC.

Rachid Dechemi-Méliani

 

Les Sept Péchés capitaux et les Quatre Dernières Étapes humaines ...

  • L’orgueil (superbia en latin) : attribution à ses propres mérites de qualités ou de comportements qui sont des dons de Dieu (intelligence, vertus, etc.).
  • L’avarice (avaritia en latin) : accumulation des richesses recherchées pour elles-mêmes.
  • L’envie (invidia en latin) : la tristesse ressentie face à la possession par autrui d'un bien, et la volonté de se l'approprier par tout moyen et à tout prix (à ne pas confondre avec la Jalousie).
  • La colère (ira en latin) : produit des excès en paroles ou en actes : insultes, violences, meurtre.
  • La luxure (luxuria en latin) : plaisir sexuel recherché pour lui-même.
  • La gourmandise (gula en latin) : ce n'est pas tant la gourmandise au sens moderne qui est blâmable que la gloutonnerie, cette dernière impliquant davantage l'idée de démesure et d'aveuglement que le mot gourmandise. Par ailleurs, on constate que dans d'autres langues ce péché n'est pas désigné par un mot signifiant « gourmandise » (gluttony en anglais, par exemple) 5.
  • La paresse, anciennement l'acédie (acedia en latin). Le Catéchisme de l'Église catholique définit l'acédie, terme disparu du langage courant, comme « une forme de dépression due au relâchement de l'ascèse ». Il s'agit en effet de paresse morale. L'acédie, c'est un mal de l'âme qui s'exprime par l'ennui, l'éloignement de la prière, de la pénitence et de la lecture spirituelle.