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Louise Dimitrakis revient sur Ramtane Lamamra, l’homme qui dérange Bouteflika, cela me fait fatalement penser à Smaïl Mahroug.

Il eut sous Boumediene, au sein de son Gouvernement III, un homme d’une rare intelligence et d’une grande efficacité. Et on raconte que l’homme fut écarté malgré ses compétences avérées à cause de sa conviction religieuse, il était de confession chrétienne…

Mais en réalité est-ce vraiment la véritable raison ( ?)…

Smaïl Mahroug est né le 21 octobre 1926 au village de Beni Achache à Beni Ourtilane en Algérie. Enfant, il fréquenta le collège des Pères Blancs d’Aït Larbaa, un village d'Aït-Yenni, et avait comme camarade Mohammed Arkoun.

A 27 ans il est propulser directeur de la planification au ministère de l'Économie du Royaume du Maroc entre 1953 et 1962.

A l’indépendance de l’Algérie, en 1962, il est nommé directeur du Comité National pour la Coopération Technique au sein de l'exécutif provisoire.

Par la suite en 1963, il est nommé comme conseiller à la présidence du conseil auprès d'Ahmed Ben Bella, puis au conseil d'administration de la banque centrale d'Algérie et enfin Président Directeur Général de la Caisse Algérienne de Développement.

En 1964 il est nommé directeur général des finances et du plan à la présidence de la République.

En 1967 il est nommé comme membre du conseil supérieur aux hydrocarbures, des mines et de la chimie.

Et le voilà durant 5 ans ministre des finances dans le gouvernement Boumediene III, entre 1970 et 1976.

1976, pour une sombre affaire de photo, ou parait-il on le voit quitter, la basilique le sacré cœur d’Alger, à l’occasion d’une messe, il fut congédier sans aucun égard.

C'était un des rares hauts dirigeants catholiques après l'indépendance de l'Algérie.

La même année, 1976, grâce à ses compétences reconnut, il se retrouve à 50 ans, durant 10 ans, Président du conseil d'administration de la prestigieuse Union Méditerranéenne de Banque à Paris entre 1976 et 1986

Il décédera le 11 janvier 2006 à l’âge de 79 ans.

En 1975, il co signera avec Mohamed-Said Mazouzi Finances et refonte de la sécurité sociale - Volume 22 de Dossiers Documentaires, Ed. par le Ministere de l'Information et de la Culture, Direction de la Lecture Publique et de Documentation -60 pages.

Dans sa livraison du 1er novembre 2017, et sous la plume de Louise Dimitrakis qui revient avec un titre très évoquant « Ramtane Lamamra, l’homme qui dérange Bouteflika », dans les colonnes du Monde Afrique, le journal électronique du très controverser Nicolas Beau @NicolasBeau, présenter par Alger comme l’homme du Palais de Rabat,

Lire l’article https://mondafrique.com/ramtane-lamamra-lhomme-derange-bouteflika/ , dont voici le contenu.

lammraRamtane Lamamra, l’homme qui avait redonné du tonus à la diplomatie algérienne depuis 2013 suscite les plus grosses craintes dans le camp du clan présidentiel à Alger.

Les ambitions de l’ancien diplomate qui avait su gagner la confiance des Algériens et leur estime grâce à son style, son professionnalisme et son aura, ont fortement dérangé le clan présidentiel.

L’entourage et proches du président Bouteflika ne veulent pas d’un concurrent qui peut faire de l’ombre à celui qui sera choisi pour remplacer le charismatique Abdelaziz Bouteflika si ce dernier s’avère incapable de poursuivre son règne au-delà de 2019. Ramtane Lamamra s’est retrouvé sur un siège éjectable depuis qu’il a refusé de cautionner la gouvernance de celui qui était alors premier ministre, Abdelmalek Sellal.

Un solide carnet d’adresse

Ses clashs successifs avec Sellal ne vont pas arranger sa situation auprès des Bouteflika. Son adversaire juré, Abdelkader Messahel, longtemps simple ministre délégué aux questions africaines, va en profiter allègrement pour lui voler le poste dont il a toujours rêvé et devenir le chef de la diplomatie algérienne. Selon nos sources généralement très bien informées, Bouteflika avait pris la décision de confier la diplomatie du pays à Messahel depuis mars dernier. Mais il a attendu jusqu’au 25 mai pour confirmer officiellement ce choix. Il faut dire qu’il n’était pas aisé de se débarrasser d’un homme de la carrure de Lamamra.

Ses réseaux à l’ONU et à l’Union Africaine lui conféraient un certain prestige. Preuve en est, le jour de son départ de son poste, Lavrov et John Kerry l’appellaient pour prendre de ses nouvelles, témoignent nos sources. Fort de ses relations, Lamamra n’avait pas caché ses ambitions dans son travail et il avait à maintes reprises essayé d’imposer le changement au sein du corps diplomatique. Mais sa feuille de route fut longtemps bloquée et ralentie par le Président Abdelaziz Bouteflika qui voyait d’un très mauvais oeil la montée en puissance de ce ministre potentiellement menaçant pour l’avenir du clan.

Guerre de réseaux

Proche d’Ahmed Ouyahia, son ancien consisciple à l’ENA et avec lequel il entretient toujours de très bonnes relations, Lamamra aurait pu tisser l’alliance qui pouvait mettre en péril les plans de succession du clan présidentiel. Autre scénario possible, le général-major Ahmed Gaïd Salah, l’homme fort de l’armée qui ne veut guère d’une succession “familiale” qui verrait Said Bouteflika prendre le pouvoir, pouvait être tenté de pactiser avec le diplomate algérien.

Il s’agissait donc d’enterrer le ministre définitivement. Même après avoir quitté ses fonctions de ministre des Affaires Etrangères, Ramtane Lamamra se verra refuser le poste prestigieux d’ambassadeur à Paris. Du coup, le brillant technocrate prendra sa revanche en décrochant, grâce à ses propres relations, le poste de membre du Haut-Comité consultatif de l’ONU en charge de la médiation internationale. Des fonctions qui peuvent constituer un possible tremplin pour accéder, demain, au Palais présidentiel d’El-Mouradia.