Lyes Meziani

Le 10 février dernier (2018), nous quitter notre copain Lyes Meziani , à cause d'une méchante grippe. Pour nous, qui l'avions connu jadis à la fleur de la jeunesse et de tous les espoirs, la tristesse nous titraille de l'avoir perdu beaucoup trop tôt ... Pour lui rendre un hommage à la mesure de notre amour amical, pour cela ya par mieux que ce beau texte de notre copain Mouza.

Merci pour ces mots, qui sont de belles photographies sur Lyes Meziani ...

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Sans Titre de Lyes Meziani

Hymne à la vie.

C’est avec une grande maturité et philosophie que Lyes Meziani nous dévoile son nouveau regard avec une trentaine de ses œuvres dans une exposition collective que le Musée d’Art Moderne d’Alger dédie à la photographie contemporaine, et ceci vingt ans après sa dernière apparition publique à la Galerie du Centre Culturel de la Wilaya d’Alger, où il animait avec une grande passion le club de l’atelier photo. L’âme des cimaises de la regrettée galerie se souvient encore de sa magnifique prestation intitulée «Le commun des mortels».

Curieusement, il nous livre cette fois-ci une exposition sans titre, et aucune photographie n’a de titre, pour donner probablement une plus grande liberté de lecture aux visiteurs et peut-être pour mieux les écouter dans ce moment de partage. 

Lyes a cette faculté d’écouter avec les yeux et de regarder avec le cœur. C’est probablement pour cela qu’il est apprécié des artistes peintres qu’il aime fréquenter.
Plus d’une dizaine d’entre eux, le sollicitent régulièrement, pour apporter sa contribution pour la réalisation des illustrations de leurs catalogues ; Il scrute le moindre détail pour mettre en exergue avec une lumière appropriée, la touche qui caractérise le plasticien en question, tout en s’effaçant modestement.
La discrétion et la pudeur sont les grandes qualités de notre photographe. Il n’aime pas voler les images des autres où encore violer leurs intimités. Le riche enseignement que lui a procuré l’école de la vie, lui interdit tout regard exotique ou encore péjoratif que l’on retrouve justement chez certains de ses pairs.
Si notre artiste a été bercé par les différents contrastes qu’offrent les généreuses formes des ruelles de 
sa casbah natale par les caresses d’un soleil aux multiples facettes ou encore les différents tableaux de la baie d’Alger qu’offrent les terrasses en cascades de Bab Jdid, il se ressource régulièrement en Kabylie, terre de ses ancêtres.

Son art a été un prétexte pour sillonner l’Algérie à la rencontre de la diversité de ses musiques, parfums et couleurs. Et comme tout artiste, son cœur bat au rythme de son pays. Il partage ses peines et ses joies qui se résument en une aventure de quarante années à guetter la moindre émotion, en choisissant l’angle de vue le plus inattendu et en attendant le moment propice.
Quarante années d’amour en passant du Format 120 au Numérique, transitant par le 6/6 et le 24/36, Hésitant la plus part du temps entre la couleur et le Noir et blanc.
Toute une vie où il conjugue avec l’éternelle équation vitesse d’obturation et ouverture de diaphragme. Une existence à la recherche d’un flou artistique ou d’un mouvement que procurent le choix judicieux d’une mise au point avec telle ou autre distance focale. Toute sa vie, il ne respire qu’avec la lumière. Il ne jure que par les trames et textures. Aujourd’hui et en capitalisant ses expériences, il semblerait que Lyes marque une rupture avec lui-même en arrêtant le temps et se donne le temps nécessaire à une réflexion ou encore à une quête. Il affirme par une démarche exigeante une distanciation avec son art mais aussi avec les humains pour se livrer à un dialogue intérieur en réinventant le monde qui hante son esprit pour extérioriser un exil intérieur, mémoriser une blessure ou célébrer le deuil de ceux qu’on aime et qui sont partis pour toujours. Qui sait ? Ils sont peut être présents dans ses œuvres en étant justement absents. 
Dans tous les cas de figures, ils sont présents dans sa mémoire. Peut être qu’il cherche à saisir une photo qui n’existe justement que dans sa mémoire. C’est ce qui explique peut-être ce besoin plastique de faire des natures mortes à l’image de ses amis les peintres qu’il affectionne tant.

Dans un parti pris aussi dure que la vie, il choisit une lumière dure. Il compose des scénographies. La plasticité de son imaginaire révèle d’un besoin animé par le doute en composant une poésie avec les sujets photographiés. C’est avec une certaine sérénité que notre talentueux artiste nous interpelle et nous incite à nous poser des questions qui sont peut-être sans réponses, mais prendra certainement beaucoup de plaisir à écouter
l’appréciation de chacun.

Alger, le 29 mars 2010.
Mébarek Mouzaoui

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La vie par Lyes Meziani 

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